Ayant déjà beaucoup arpenté les lieux touristiques les plus connus, nous avons décidé d'élargir un peu notre horizon, au delà de 5 km pour visiter des endroits moins connus, mais néanmoins chargés d'histoire...
Comme quoi, se faire opérer des pieds n'empêche pas de marcher!
Ma curiosité nous a portés en premier lieu, lundi dernier, vers un endroit qui à première vue n'avait rien d'enthousiasmant, et pourtant, nous lui avons trouvé beaucoup de charme et d'intérêt historique, il s'agit du cimetière de Chacarita.
Avec 95 hectares, il est le plus grand des trois cimetières de BA, avant Flores et Recoleta. Le gardien à ce que j'ai pu échanger avec lui, m'a expliqué que c'était le plus grand cimetière d'Amérique et peut être même du monde.
Une porte d'entrée majestueuse et réhabilitée récemment, nous accueille dans un lieu étonnamment silencieux pour qui connait BA.
Un peu d'histoire : Ces terres qui appartenaient aux Jésuites, saisies par l'état lors de leur expulsion en 1767, ont d'abord servi de lieu de villégiature aux élèves d'un collège.
En 1871, une violente épidémie de fièvre jaune sévit, après celle de la peste et du choléra. Il devient indispensable, compte tenu du nombre de victimes, de construire un nouveau cimetière, les autres étant saturés et interdiction étant posée d'enterrer les morts de l'épidémie à Recoleta.
L'épidémie fut d'une telle ampleur qu'on enterra jusqu'à plus de 500 personnes par jour! Les victimes étaient acheminées par une locomotive appelée "La Portenia"
Ce cimetière de "pestiférés" a ensuite retrouvé un fonctionnement plus normal et des personnalités y ont été enterrées dans de grands mausolées, similaires à ceux trouvés à Recoletta :
Malheureusement, il semble que cet endroit ne soit pas au coeur des préoccupations de la municipalité au point de vue des investissements. Si tout est propre, on note que les allées sont en mauvais état et beaucoup de mausolées à l'abandon
Dans cet endroit qui abrita des hommes connus, comme le Général Peron qui repose maintenant au manoir de San Vincente, l'aviateur Jorge Newberry
on trouve surtout la tombe de Carlos Gardel
toujours vénéré, dont les afficionados volent les plaques commémoratives comme autant de souvenirs...
Si je vous disais que ce cimetière est peut être le plus grand du monde, c'est qu'en plus de ces mausolées, on y trouve un grand réseau de niches funéraires, enterrées ou surélevées, sur plusieurs étages. On compte 27 galeries, de 50.000 niches, soit.... 1.350.000 défunts.
Et puis, il y a aussi dans cet immense endroit, le lieu où on enterre maintenant
Je pense, n'ayant pas trouvé d'information plus précise, qu'il s'agit de la parcelle réservée aux "indigentes", n'ayant la plupart du temps aucune pierre tombale et seulement une croix en bois, avec le nom et la date de la mort.. Ces tombes ne sont pas familiales, elles se suivent de jour en jour...
Pourtant, l'impression qui nous reste de cette visite, est la paix et la tranquillité, bien plus que dans l'hyper touristique Recoleta.
Et puis, pour faire plaisir à Karine, j'ai eu envie d'approfondir un peu ma connaissance des "cafés" anciens, en découvrant le Café Margot. Cet immeuble fut construit en 1904 et on en voit ici la première photo
Le nom du café fait référence à une femme chantée par Carlos Gardel et inscrit cet établissement dans le siècle passé.
Il est fréquenté essentiellement par les gens du quartier Boedio, jeunes et vieux, venus déguster soit un plat, soit une patisserie, soit une Picada (assortiment de charcuteries et de fromages avec olives et tomates le plus souvent) autour d'une bonne bière!
Pour nous, ce fut seulement un strudel... pour deux. Ce sont des quantités portenos, faut pas abuser! I
Dans ce bistrot qui évoque les bouchons lyonnais, le "bife de chorizo" (faux filet) fait 500gr. Alors souvent les Argentins ne prennent qu'un plat pour deux..
A noter que le café Margot a été déclaré en 2004 "Notable" par le gouvernement de la ville, ce qui garantit un lieu conservant l'authenticité et la conception architecturale du quartier. Il pratique des prix très raisonnables et expose également quelques artistes . En avril 2012, on compte 73 "Notables", on a pas fini d'explorer et d'être obligés de goûter!
Et puisqu'on parlait gourmandise.. je n'ai pas résisté à l'envie de confiture d'abricots pour mes tostaditas du matin ( petits toasts : de 6 x 4cm et 2mm d'épaisseur, il en faut au moins cinq pour faire une biscotte) . Du coup, c'est Serge qui s'y est collé, pour ne pas perdre les bonnes habitudes!
Avec les moyens du bord, mais ce serait bête de se priver, non?
Merci encore à ceux qui collaborent par leurs commentaires... pour m'encourager!
Et on part dimanche vers la "Suisse argentine". 24 heures de bus et silence radio jusqu'à la semaine suivante, ce sera repos pour l'ordinateur.
A bientôt
Les fêtes étant passées (sans que nous les ayons remarquées plus que ça, hormis dans les rayons alimentation des supermarchés),nous avons repris le train train habituel, dans un Buenos Aires en partie déserté par ses habitants partis en vacances.
C'est donc sans nous faire klaxonner à chaque passage piéton par des automobilistes pressés de nous faire accélérer même quand c'est à nous de passer, que nous déambulons dans une ville qui ressemble à "Paris au mois d’Août" .
Nous arpentons Santa Fé, l'artère la plus commerçante. C'est les soldes d'été déjà!
en passant devant la superbe ambassade de France
le Musée d'art moderne
et la fleur qui suit le soleil
Nous retournons volontiers à San Telmo,
dans ces rues caractéristiques de l'ancien Buenos Aires, et nous nous installons Place Dorrego pour voir les danseurs amateurs de Tango, avec toujours autant de plaisir :
Nous passons également devant la jolie Eglise Orthodoxe Russe, si surprenante à voir dans cet environnement. Nous nous promettons d'aller la visiter lors d'un office religieux...
D'autres jours, nous trainons dans le quartier du congrès
ou sur le port de Madero
Bref, vous l'aurez compris, nous marchons beaucoup, à une moyenne de 10-12 kilomètres par jour..
Pes étonnant qu'on ait envie de s'arrêter dans de jolis cafés comme celui de Las Violetas par exemple :
A ce propos, nous avons remarqué une nette baisse de fréquentation des cafés et des restaurants, ou du moins des consommations.
Ce n'est pas sans rapport avec les problèmes économiques rencontrés par l'Argentine.
Un article du journal "CLarin" nous apprend aujourd'hui qu'il y aura en janvier 2013, une inflation record de 3% ... Les projections anticipent sérieusement 30% sur l'année 2013
En 2012, on avait été au delà des 25% contre seulement 23% en 2011.
C'est dire qu'il y a un emballement important.
En décembre, les taxis ont augmenté de 12%, et en janvier, augmentations habituelles ici aussi : électricité de 10 à 20%, bus jusqu'à 36%,carburants 6%, péages jusqu'à 53%....
Pour la première fois de l'ère Kirchner, le gouvernement reconnait une inflation supérieure à 1% par mois , et affirme que les syndicats auraient accepté une augmentation des salaires de moins de 20% en 2013..
Si l'on ajoute à cela que les tranches d'imposition n'ont pas été revues, et que d'autres ont été crées, cela explique une baisse de pouvoir d'achat manifeste.
L'habitude des Argentins était dans les années 2000, de placer leur argent en dollars, au temps où il y avait la parité pesos/dollars. Depuis cette année, ils ne peuvent même plus acheter de devises étrangères. Il leur faut constituer des dossiers dans les banques et justifier d'un séjour à l'étranger pour en acquérir.
Les transactions immobilières qui se faisaient en dollars sont devenues problématiques avec une telle inflation du Peso, et le marché a baissé d'environ 10%
Autant vous dire que dans les quartiers touristiques, nous sommes très sollicités pour des achats sauvages de devises à des cours bien supérieurs au change officiel, et les risques qui vont avec naturellement. Par contre, nous touristes, ne pouvons plus changer dans les banques. Nous ne pouvons le faire que dans des bureaux de change en nombre très limité. Une dizaine peut être à Buenos Aires.
Si l'on ajoute à cela que Christine Lagarde a mis en demeure, en septembre dernier, le gouvernement argentin de corriger ses déclarations d'inflation et tous les baromètres économiques officiels, au risque d'adresser un "carton rouge" au pays en publiant en janvier justement, les chiffres du FMI et le privant de tous crédits ...
Sinon, dans cette ambiance assez morose, (ah non, j'oubliais, même ici on parle de Bardot et Depardieu et de leur désir de vivre dans une "véritable démocratie"...), nous avons innové en allant au cinéma dans le complexe ultra moderne de Recoleta
Nous sommes allés voir "Lo impossible" en version anglaise, sous titrée en espagnol. Comme c'était un récit durant le tsunami, ça ne parlait pas trop, on n'a pas eu de mal. On renouvellera sûrement!
Voila pour ce début d'année très ensoleillé et très chaud. Aujourd'hui, nous attendons 36°. Ce sera repos au parc! Dimanche prochain, nous partirons dans la région des grands lacs, en bordure des Andes, avec nos petites laines!
A bientôt, et innovez, faites moi part de vos commentaires!
Cette année 2012 se termine..
Elle n'a pas été extraordinaire, et nous a laissés tristes du départ d'un ami et de beaucoup de problèmes de santé chez nos proches.
Malgré tout, une nouvelle année arrive et on ne peut que vous souhaiter une :
Nous la voudrions moins politique et porteuse de catastrophes en tous genres, en un mot plus chaleureuse et optimiste!
Que chacun ait les possibilités, l'envie et le temps de se livrer à ses occupations préférées...
En ce qui nous concerne, nous espérons bien entendu avoir la "bougeotte" encore très longtemps pour découvrir comment se passe la vie chez les "autres" , et nous permettre de relativiser nos problèmes Franco-Français si pesants parfois..
En attendant, on lèvera nos coupes de champagne à la santé de tous :
A bientôt