samedi 28 janvier 2012

Bariloche.. ou la Suisse argentine


A notre retour d'Iguazu, un changement nous attendait : le carnet de 10 tickets de métro qui était à 11 Pesos (2 €) est passé brutalement à 25 Pesos (4,50 €)... Les élections sont passées en octobre et le gouvernement a décidé de retirer ses subventions au métro, tout comme il y a dans l'air des augmentations sur le gaz, l'électricité et le reste.. Pour mémoire, le prix du carnet de 10 tickets de métro parisien est de 12,70 €.
Mais c'est évident, la crise passe par ici aussi.

Nous avons donc repris notre bus, nous commençons à être très connus de notre agence! Partis le dimanche à 14 heures, nous sommes arrivés le lendemain à 10 heures à Bariloche.



Et là, grand changement de décors. La route d'abord, on est dans la montagne.




On découvre au réveil des lacs et une végétation très pauvre, similaire à celle rencontrée aux alentours de Salta




Dans la ville,  située à 1600 km à l'ouest de Buenos Aires et à quelques kilométres de la frontière chilienne, on a l'impression d'être  plutôt en Suisse ou en Autriche:




On comprend pourquoi les européens sont venus dans cette région montagneuse, au bord de multiples lacs, où le climat est très différent de Buenos Aires.
Cette année, comme dans toute l'Argentine, il y a une grande sécheresse et la végétation de cônifères en souffre. Habituellement, il y a de la pluie ou de la neige  300 jours par an, mais pas cette année.
Et devinez vous ce que ces immigrants ont importé, dont bien sûr ils ne pouvaient se passer : la culture du houblon.. pour la bière et aussi la fabrication du chocolat!
Honnêtement, on ne l'a pas trouvé comparable au chocolat suisse.. Ici c'est du chocolat au lait et sucré..sucré! Mais c'est une attraction et tous les Argentins qui passent, en achètent











Dans les restaurants naturellement, on peut aussi goûter différentes fondues.
Notre hotel est très agréable, situé en plein centre ville. Le seul ennui est que la chaleur actuelle est très inhabituelle, et que la clim n'est pas prévue au programme.. Donc un choix simple, ou bien on dort avec près de 30°, ou bien on ouvre la fenêtre, et là on profite largement de tous les jeunes, en vacances qui vont et viennent en bas, faisant la fête, bouteille à la main, qui croisent  à partir de 5heures du matin, ceux qui partent en treck dans la montagne et ne sont pas plus discrets...


Mais nous, on est là avant tout pour profiter de la nature. Et c'est superbe!




























Nous nous trouvons devant une enfilade de lacs avec des paysages époustouflants.











Ici, nous sommes dans la station de sports d'hiver la plus fréquentée d'Argentine. Nous empruntons donc les télésièges pour monter au sommet. En haut, ce que vous voyez n'est pas de la neige. C'est la roche qui a un peu la couleur de la cendre. D'aileurs, de la cendre il y en a puisque l'éruption du volcan chilien Puyehue, situé à 150km environ, se pousuit depuis un an et il crache toujours vers l'Argentine quand le vent le décide.
















Le seul sommet, enneigé toute l'année, vous le voyez derrière moi, c'est le Tronador, que nous irons voir de plus près, le dernier jour. Il y a à cet endroit un glacier particulier.
Mais le lendemain, nous continuons "sur l'eau" avec malheureusement une moins bonne visibilité puisque le Puyehue a décidé de se remettre à cracher dans notre direction..
Un peu d'histoire d'abord :



Comme vous le voyez sur cette carte, la frontière argentino-chilienne, longue de 5000km, est très sinueuse et passe par les sommets andins. Des négociations acharnées ont abouti à un tracé fixé selon la règle suivante : tous les cours d'eau dirigés vers le Pacifique seraient chiliens, et ceux dirigés vers l'Atlantique seraient argentins. D'où cette répartition des grands lacs































Nous quittons ces eaux d'un  bleu profond et transparent pour accoster et visiter une forêt primaire, avec des arbres d'une hauteur impressionnante. Rendez vous compte, les plus vieux de ces arbres ont 1500 ans!


















Continuant notre périple, nous allons prendre un autre bateau et voir un autre lac, le Lago Frias, aux eaux turquoises et opaques, tant elles sont remplies de sédiments provenant des glaciers dont elles descendent:

















La présence des cendres en suspension ne nous permettent pas malheureusement d'avoir une luminosité optimale, ni de bien voir ce fameux glacier Tronador "le Tonnant", dont le nom provient des craquements énormes engendrés par la séparation de gros blocs de glace qui alimentent le lac en dessous. La particularité de ce glacier est sa couleur: noire. Les cendres y contribuent certainement, mais la couleur est surtout dûe au sol friable et gris qui se mélange à la glace. Par ci par là, on peut apercevoir un reflet bleuté, mais rien à voir avec la splendeur éclatante du Périto Moreno:











Voila un aperçu de ce que nous avons vu. Nous avons beaucoup apprécié cette région si différente de ce que nous avions vu jusque là, et il nous reste de nombreuses balades à pied à y faire si d'aventure nous y revenons... Je vous propose de regarder une vidéo et puis de consulter le diaporama qui vous en montreront plus encore:



A bientôt!

lundi 16 janvier 2012

Iguazu.. Que d'eau, que d'eau!

Nous avons donc repris l'autobus, pour un voyage de 1400 km environ. Mais attention, toujours très confortable le bus! Boissons, sieges couchettes extra larges, toilettes, etc..




























Nous avions choisi et insisté pour prendre un "package" réservé aux hispanophones, et il faut bien dire que l'accompagnatrice a fait une drôle de tête quand elle a vu mon niveau d'Espagnol!
Et là, je dois préciser que si les Français sont réputés pour leur peu d'aptitudes aux langues étrangères, les Argentins sont pires encore! A croire qu'ils n'ont jamais approché de près ou de loin l'Anglais... sans parler du Français. Ils refusent obstinément de le parler!
Et pourtant, presque tous m'ont expliqué avoir qui un grand père, qui une cousine ou un oncle français, ou anglais, ou italien... Beaucoup de nos compatriotes ont été immigrants dans ce pays.
Bref, on a fait comme on a pu, et les habitants de ce pays sont vraiment adorables! Ils essaient toujours de nous faire participer, quitte à aboutir à des quiproquos très drôles.
Quelques arrêts,  un diner plateau comparable à ceux d'Air France, vin inclus ,  nous aurons même le champagne au retour, un trou dans la route, et Serge a pris son café brûlant sur le short, c'est comme les  trous d'air en avion... nous sommes arrivés aux mines de Wanda.




 Les guides touristiques disent que cet arrêt est de peu d'intérêt, mais nous, on l'a trouvé instructif. Nous  n'avions jamais vu des mines à ciel ouvert, présentant d'énormes gemmes de pierres semi-précieuses, incluses dans la roche.
















Puis, nous sommes arrivés au triangle formé par le Brésil, L'argentine et le Paraguay sur le fleuve Parana, sur lequel se trouvent les chutes d'Iguazu





Une petite journée de repos, savourée au grand soleil sur la piscine de notre hotel, et dès le matin suivant, nous avons attaqué les chutes, côté argentin.
Le spectacle commence dès l'arrivée dans le parc de ce site classé   au patrimoine mondial de l'Unesco.

Haute de 80 m et longue de 2 700 m sur un front basaltique enjambant la frontière entre l’Argentine et le Brésil, la cataracte en semi-cercle au cœur de ce site est l’une des plus spectaculaires du monde. Divisée en cascades multiples produisant d’immenses embruns, elle est entourée d’une forêt subtropicale humide renfermant plus de 2 000 espèces de plantes vasculaires et abritant une faune typique de la région : tapirs, fourmiliers géants, singes hurleurs, ocelots, jaguars et caïmans.
















Trois parcours sur des passerelles, pour une durée totale de sept heures environ. Mais quel spectacle et quel déchainement  d'eaux en furie!




Sur tout le parcours, de nombreuses cascades et un but ultime, la "gorge du diable"  où le volume est à son maximum, et c'est peu de dire qu'on ne s'entend guère à cet endroit!



Pour ceux qui seraient tentés de mettre un peu de piment dans leur journée, nous avons ce qu'il vous faut! Sensation garantie à bord d'un canot qui va se promener sous une chute, à l'île St Martin.. Sensations fortes et hurlements sont au programme!
Bien sûr ce qui me connaissent un peu savent que je n'ai pas tenté l'aventure! Moi et l'eau, en n'est pas très copines, si ce n'est sous la douche..















Le lendemain, passage de la frontière brésilienne. Plus d'une heure! Conclusion (à destination de Michèle et de Céline tout particulièrement..) prendre plutôt les "collectivos" et passer la frontière à pied, puis reprendre les "collectivos" de l'autre côté, c'est vraiment beaucoup plus rapide.
Toujours le soleil et un paysage grandiose. Si en Argentine, on est au milieu des chutes, du Brésil on les domine.



















L'arrivée à la "Gorde du Diable" est vraiment un spectacle. Que d'eau!










Et là, surprise désagréable : il me semble sentir anormalement la passerelle métallique.. Pas étonnant , en regardant l'état de mes semelles, je suis carrément sur les chaussettes!




Je ne fais pas de compliments à la marque d'articles de sports qui commence par "go"... A peine plus de 350km  arpentés sur les trottoirs de Buenos Aires et déjà à remplacer...
Mais cela n'empêche pas d'approcher du Diable, encore un peu :




Notre dernière étape, sur le retour, sera pour voir les ruines de la mission jésuite de San Ignacio Mini.
C'est le vestige le mieux conservé de cette expérience "utopiste" des Jésuites et des Indiens Guaranis, lors de la colonisation. C'est dans cette région tropicale que les Indiens Guaranis fabriquaient les décors en bois somptueux que nous avons pu admirer l'annnée dernière à Cordoba.
Ce site est classé au Patrimoine Mondial de l'Humanité

















Indiens Guaranis




De toutes cette période Jésuite, nous aurons peut être l'occasion de reparler lors de notre prochain passage à Cordoba. Mais, pour finir, et vous permettre de mieux réaliser la grandeur des lieux, je vous propose une petite vidéo concoctée par Serge :



A l'arrivée, notre accompagnatrice nous a dit que nous étions de "buenos chicos", et on s'est séparés en se faisant la bise, naturellement!  Ici, dès qu'on a échangé quelques mots, on est de vieux amis et on s'embrasse dès qu'on se retrouve ou qu'on se quitte.
C'est ainsi qu'à l'hotel, j'ai été très surprise de voir une dame qui partait avant nous, nous chercher pour nous dire au revoir. Nous avions "fait piscine" côte à côte, il est vrai, plusieurs jours. Mais serions nous comme ça en France?
Merci à toutes les "petites mains" argentines qui n'arrêtaient pas de nous proposer de nous prendre en photos!
Demain, nous  repartons, toujours en bus, direction San Carlos de Bartiloche, la "Suisse Argentine". On prend les pulls. La température peut descendre en dessous de 10° la nuit, même si le jour on dépasse les 30°.

A bientôt