Depuis le début Décembre je vous parle de Buenos Aires. Il est temps de vous aérer et de sortir de la ville!
Comme je vous l’ai dit, nous étions déjà venus en novembre 2008, et je vais utiliser des images de ce voyage pour vous raconter un peu de la Patagonie, car nous n’y retournerons pas cette année.
Ce périple va nous mener de la côte atlantique, Puerto Madryn et la presqu’île de Valdes, classée depuis 1999 au patrimoine mondial de l’Unesco :
La première étape nous a donc conduits à Punta Tombo, à 165 km de Puerto Madryn pour voir la plus grande colonie au monde de manchots de Magellan. Arrivés en septembre, les mâles remettent en état les nids de l’année passée, et lorsque ce travail est terminé, les femelles arrivent et choisissent alors le conjoint de l’année, en même temps que la maison qui les abritera… (enfin une organisation intelligente !)
Une mortalité importante frappe les petits dont 40% vont disparaître, mais les survivants vont acquérir leur plumage définitif en janvier, et après avoir appris à nager, repartiront avec les adultes en Mars, pour les eaux subantarctiques. Plus de 300km à la moyenne de 8km/heure !
Ne vous fiez pas aux apparences, ces charmantes petites bêtes vous regardent très gentiment, mais "pincent" aussi très fort! J'en ai fait l'expérience..
Ils seront de retour l’année suivante pour reprendre la longue histoire de la vie des manchots.
Sur cette côte, nous avons également rencontrés les éléphants de mer. Une des plus grandes espèces de phoques de la planète. On ne peut pas dire qu’ils soient extrêmement « sexy »… Passant toute la journée vautré, et grognant, le mâle garde un œil sur son harem ou mène des combats féroces avec ses rivaux, pour établir la hiérarchie. Ces énormes bêtes peuvent peser jusqu’à 3 Tonnes et mesurer jusqu’à 5 mètres.
Inutile de vous dire que dans cette espèce, à l’inverse des manchots, la femelle n’a rien à dire dans le choix de son compagnon. Là, c’est lui seul qui choisit son harem le plus nombreux possible et les mâles éconduits demeurent seuls à la lisière de la communauté… Triste vie !
Pour changer, nous avons embarqué dans la presqu’île de Valdes, à la recherche des baleines franches australes.
16 mètres de long pour 50 Tonnes tout de même. Il vaut mieux éviter qu’elles passent sous le bateau, bien que celui-ci soit costaud !
Elles viennent se reproduire à cet endroit avec les otaries et les éléphants de mer.
Elles arrivent en Mai, ont leurs petits en Juillet et repartent en Décembre. Il faut savoir qu’à sa naissance, un baleineau mesure 5,5mètres… Une baleine ingère 300Kg de krill en une heure seulement…
Dans le golfe de Valdes on a pu dénombrer 732 individus sur les 7000 qui existent au monde.
A partir de là, nous avons pris la route pour traverser la Patagonie sur 300 km environ. Nous n’avons pas croisé plus d’une dizaine de voitures durant ce périple sur piste, mais à chaque fois, il est d’usage de s’arrêter et de demander à l’autre si tout va bien et s’il n’a pas besoin d’une aide quelconque.
Il est d’ailleurs admis, qu’en cas de besoin justifié, un voyageur prélève un mouton pour se nourrir, à la condition expresse de laisser sa peau et sa laine sur la barrière bordant l’estancia propriétaire de l’animal. Cette version est celle de notre guide… je la crois vraie car la vie est très dure dans ce pays balayé par des vents violents et glacés, dans lequel on rencontre une estancia tous les 25 ou 30 km. Les gens qui y habitent vivent en autarcie avec des radios pour communiquer, mais c’est une vie « à la dure ». Là on peut vraiment parler d’aventuriers qui se débrouillent par eux même en toutes circonstances, et notamment, en ce qui concerne les femmes, pour les naissances !
Et le climat est plus que rude !
Néanmoins, les paysages sont magnifiques, et les petites boites aux lettres qui ne voient le facteur qu’une fois par mois environ, rappellent la solitude extrême des ces habitants
Au bout de notre traversée, une forêt pétrifiée vieille de plus d’ 1 Million d’années. Dans ce paysage lunaire, et excessivement venteux, des araucarias de 35m de long et de 3m de diamètre, qui poussaient dans un climat chaud et humide, ont été ensevelis par la cendre et la lave lors d’éruptions violentes. De ce fait ils ont été enfouis et protégés. Ils ont réapparu, sous forme de bois fossilisés, lors d’une modification climatique, dégagés par le vent violent permanent de cette région.
Je vous laisse constater l’énormité de ces arbres, intacts..
Je vous laisse constater l’énormité de ces arbres, intacts..




















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