mardi 22 février 2011

Cordoba

Cordoba où se confondent histoire et religion...


Nous avons donc repris le bus de nuit, pour un trajet de 9 heures, afin de rallier Cordoba, la deuxième ville d’Argentine, située à son centre exact, et comptant 1,3 Million d’habitants.
Nous découvrons la ville moderne qui n’est pas belle, architecturalement parlant, car elle ne présente aucune homogénéité. Ainsi, pas de plan d’ensemble pour les constructions neuves : on monte un immeuble soit à la place d’une maison que l’on a détruite, soit même au dessus d’une maison que l’on va conserver. Ceci donne des immeubles très hauts et très étroits, qui attendent que les maisons voisines soient à leur tour détruites. Les constructions sont loin d’être aussi belles qu’à BA et on ne trouve pas à l’intérieur de ces carrés formés par 4 rues les jardins comme à BA. Tout est rempli par des immeubles


















Par contre, côté hôtel, c'est la « Zénitude » absolue, jugez plutôt :

























































Dès notre arrivée dans le centre historique, nous pouvons admirer le Cabildo ou hotel de ville





























Et la cathédrale avec son dôme roman, qui occupe le site d’une église construite en 1599 qui s’effondra lors d’une messe… Elle a été rebâtie en 1687. Le Christ qui couronne le fronton a été ramené de France.























































Le mur extérieur, comme d'autres murs dans le centre historique est constitué d'un amalgame de pierres, de briques entières ou brisées,  et de gallets divers, unis par un mortier

L’intérieur de la cathédrale est riche, on le doit à Emillio Caraffa






























Mais parlons un peu de l’histoire de Cordoba…

A l’arrivée des Espagnols au 16ème siècle, les colons ont investi l’Alto Péru (actuelle Bolivie), financés par les mines d’argent de Potosi (en Bolivie) et sont descendus vers l’Argentine qui les fournit en céréales, coton et bétail.
Des ordres religieux tels que les Dominicains et les franciscains les accompagnent pour évangéliser les populations locales indiennes.
A la fin du 16ème siècle, le roi d’Espagne autorise la Compagnie de Jésus, fondée par Ignace de Loyola, à se joindre aux autres religieux pour aider à la colonisation du nord est de l’Argentine.
On estime que 100.000 indiens vivaient dans les missions jésuites qui ressemblaient aux autres colonies espagnoles, à ce détail près qu’ils disposaient d’une autonomie politique et économique vis-à-vis de la couronne.
En premier lieu, les Jésuites construiront le collège, pour mener à bien leur mission d’enseignement : c’est le collège Montserrat, très prisé encore par les élites de la ville, où se faisaient les inscriptions de rentrée des classes pour le début Mars, lorsque nous sommes passés





























Ensuite fut construite l’Université (1613) qui est la plus ancienne d’Argentine et la 4ème d’Amérique latine. Tous les prêtres envoyés au Paraguay étaient formés ici. La bibliothèque renferme plus de 10.000 volumes originaux, rédigés entre 1515 et 1767.

Mais, le plus spectaculaire reste à venir : l’Eglise de la Compagnie construite entre 1640 et 1676.
Son aspect extérieur est déconcertant par son dépouillement, et on se demande si elle est terminée ou si l’expulsion des Jésuites par le Roi d’Espagne (suivant en cela tous les rois d’Europe qui désignaient les Jésuites comme responsables de bien des maux) a interrompu les travaux :





























Un choc nous attend à l’intérieur : la construction a été confiée à un Français Philippe Lemaire, architecte naval qui a édifié une voute impressionnante d’arches de bois. En l’absence de bois à Cordoba, il s’est rendu au cœur des forêts tropicales du Paraguay pour choisir les 3000 lattes de la voûte qui sont enduites de colle de poisson et de plâtre sur lesquels sont réalisées les fresques :







Le retable, derrière l’autel, est un chef d’œuvre d’art baroque exécuté par Giuseppe Brasanelli, surnommé le Petit Michel Ange, à la fois peintre, architecte et sculpteur. Il fait confectionner le retable par les missions du Paraguay à 1.600km de Cordoba, avant de la rapatrier sous forme de puzzle. Le fait qu’il s’adapte parfaitement fut un véritable tour de force . Attention, ici, le bois imite  le marbre à la perfection, mais c'est du bois...



La chapelle domestique, située à côté de l’Eglise, est la chapelle privée des religieux. On ne peut être qu’émerveillés par sa magnificence… Nous y étions seuls, et nous avons contemplé en toute tranquillité.















Là encore, le retable délicatement ciselé, est l’œuvre de Brasanelli et la voûte est rehaussée par des fresques peintes sur cuir…
















Je ne vous surprendrai pas en vous disant que cet ensemble Eglises, Collège et Université s’est vue en 2000, reconnue par l’Unesco comme faisant partie du Patrimoine Mondial de l’Humanité, sous le nom de Manzana jesuitica.




Dans le prochain article, j’essairai de vous parler de la vision jésuitique surprenante de la colonisation, ainsi que des estancias (classées elles aussi au Patrimoine Mondial de l’Humanité) qui leur servaient à faire vivre leurs écoles et universités



1 commentaire:

  1. j'adore l'hôtel !!!
    le centre historique est magnifique. Par contre, la ville "moderne" donne pas envie....

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