Ce matin, nous quittons à regret notre hôtel de sel, et nous prenons la direction de la Pukara de Chillimana. (Je rappelle pour ceux qui n’auraient pas bien suivi les épisodes précédents qu’une Pukara est une forteresse qui domine plusieurs vallées) En l’occurrence, celle-ci, pré colombienne, a été construite très haut, après une « route » en lacets qui ne permettait pas de croiser un autre véhicule. Une chance, on était seuls, à cette heure matinale !
| Cherchez bien notre 4x4... |
Après avoir laissé notre 4x4 sur le dernier plateau, il restait encore bien 200 à 300 d’escalade « corcée » menée aujourd’hui pas une Betty endiablée en tongues, pas du tout fatiguée par sa nuit de fête avec les gens du village où elle et le chauffeur étaient sensés dormir.
Comme elle a préparé notre repas à 3h30, elle ne s’est couchée qu’à 5h. Il parait qu’une heure de sommeil suffit à récupérer!
En tous cas, ceux qui ont des antécédents « chèvres » sont servis ! Ca grimpe sec… mais le site permet d’admirer d’un côté la vallée dans laquelle subsiste quelques cultures en terrasses, (mais là encore c’est un endroit en voie de désertification) et de l’autre côté l’immense salar.
Après avoir un peu copiné avec les lamas locaux, en évitant de les approcher de trop près toutefois, nous reprenons la route vers le volcan Tunupa.
Nous avons proposé au chauffeur et à Betty de pique niquer en haut, c'est-à-dire 4 heures de montée sur un petit chemin… Pas vraiment emballés à l’idée de monter le réchaud, la table, le parassol et tout le fourbi nécessaire, ils sont résignés à cet exercice !
A vrai dire, nous nous vengeons un peu de Johnny qui nous a laissés marcher un bon 3 km hier sur le salar, en nous doublant à chaque fois avec le voiture, sans s’arrêter…
Nous commençons par découvrir une grotte dans laquelle six à sept momies, reposent depuis 500 à 600 ans. Elles sont très bien conservées et c’est très émouvant de voir même les tissus colorés dans lesquels elles ont été inhumées
Puis au grand soulagement de nos compagnons, nous leur disons qu’on déjeunerait bien finalement au bord du salar, pour la dernière fois avant de le quitter :
Ceci nous permet également d’aller faire un petit coucou aux animaux du coin.
Avant de quitter le salar, nous irons voir un site d’exploitation familiale du sel. Des membres de la famille le ramassent, et les autres le sèche et le conditionnent pour le vendre.
Notre halte du soir à Uyuni ne sera pas très agréable, en raison d’un vent très violent chargé de sable et de sel. Ici aussi, on attend la pluie avec impatience, et malheureusement pour les habitants, les gros nuages n’éclateront pas encore ce soir.
Uyuni est le premier « vrai » village que nous rencontrons en Bolivie. Il est destiné aux routards de tous poils, et n’a pas de charme particulier.
Le seul bon côté, pour nous, a été la découverte du Singani, version locale du Pisco péruvien, mais à l’orange.
La journée suivante sera une longue étape de liaison vers la frontière argentine, où nous traverserons de magnifiques paysages par des routes étroites et à flanc de montagnes (Micheline, tu vois ce que je veux dire)


… Ce n’est pas tout à fait comme dans la vidéo que vous pouvez voir là, mais on en est pas très loin !
… Ce n’est pas tout à fait comme dans la vidéo que vous pouvez voir là, mais on en est pas très loin !
En fin de journée, nous arriverons à Tupiza, avec des rues bitumées et de vrais trottoirs. C’est plus vert aussi !
Le lendemain, nous serons pour la première fois réveillés par la pluie ! Quelle chance incroyable qu’elle ait attendu le dernier jour pour se manifester.
Notre retour en Argentine sera épique ! Nous avions notre bus à15h et nous sommes partis de Tupiza à 9h. Pour faire 100km, et passer la douane, c’aurait dû être suffisant !
Mais c’était sans compter avec deux autobus qui se sont retrouvés « nez dans nez » sur la piste, heureusement sans blessés, mais plus possible de passer.
Jonhny ne se laisse pas démonter par si peu : le voila parti dans la pampa, à la recherche d’un semblant de chemin, qui nous permette de contourner le problème. C’est le bon choix : après quelques doutes, nous voila en train de rouler sur la voie de chemin de fer… en espérant qu’il n’arrive pas de train ! Et nous retrouvons notre route.
A villarzon, ville frontière où nous arrivons à 11h30, ça se corse ! Xavier pense qu’on a tout le temps mais les guides disent tous que le passage de la frontière prend plusieurs heures, alors nous voulons voir comment ça se présente. Bien nous en prend ! Une queue de 100m pour le poste bolivien, et au bout de 45 minutes je n’ai pas bougé d’un poil ! Là, on comprend qu’il va falloir employer d’autres moyens, sinon on va rater le bus. Xavier se débrouille comme un chef, et convainc un douanier, que nous « remercierons » bien entendu, de tamponner notre passeport.
Une bonne chose de faite… mais côté argentin, re-belotte ! La même queue et plus qu’une heure et demie de battement… Xavier entrevoit comme nous, sans plaisir, l’hypothèse que nous lui restions sur les bras ! Et nous, passer la nuit à Villarzon ne nous tente pas du tout, d’autant qu’après, nous n’aurons plus le billet de bus jusqu’à Salta ! Une nouvelle fois, Xavier se dévoue, et va faire du charme à une douanière argentine, qui acceptera elle aussi de nous faire passer devant tous les autres… Des touristes m’ont dit qu’en sens inverse, pour entrer en Bolivie, ils avaient mis 10heures quelques jours avant…
En tous cas, même sans parler parfaitement l’Espagnol, maintenant je me débrouille ! Au milieu d’un chaos indescriptible à la station de bus, (compte tenu des achats que vont faire les argentins en Bolivie pour revendre ensuite sur les trottoirs) je passe devant tout le monde et on est les premiers embarqués ! Faut pas se réjouir trop vite pourtant, on a pris le chemin des écoliers, pour faire 378km, on a mis…8heures ! Ca fait rien, à minuit et demi, nous étions attablés devant une énorme grillade et une bonne bière pour fêter les 68 ans de Serge ... C'est ça l'Argentine!
Quelques mots sur la Bolivie :
- Vous aimez la nature sauvage, n’hésitez pas ! C’est un régal pour les yeux.
- Les circuits sont bien organisés, avec le confort partout, au milieu de nulle part. Vous ne manquerez ni d’eau ni d’électricité.
- Si vous venez à la même époque que nous, vous n’aurez pas très froid. Ici pas de lever aux aurores. Par contre, si vous venez en haute saison (juillet/aout) n’hésitez pas à apporter des équipements pour le froid. Vous en aurez besoin...
- Quand vous verrez des Boliviennes, n’essayez pas trop de les photographier. Elles n’aiment pas du tout ! Il circule ici des histoires comme quoi les étrangers se font beaucoup d’argent sur leur dos, en vendant leurs photos… Et ça ne marche pas mieux en leur demandant leur accord !
En bonus, pour une vue plus complète du pays, un diaporama sur la région du lac Titikaka, le site de Tihuanaco, et La Paz que nous avions visités en 2006.


Toujours un plaisir de lire vos péripéties !!
RépondreSupprimeravec du retard, je souhaite un joyeux anniversaire à Serge.
Gros bisous à vous 2